Dans les Alpes, l’errance des migrants dans l’objectif de Florence Cuschieri

, Dans les Alpes, l’errance des migrants dans l’objectif de Florence Cuschieri
, Dans les Alpes, l’errance des migrants dans l’objectif de Florence Cuschieri

La frontière entre l’Italie et la France a ressurgi. Avec l’ouverture, à la fin des années 1990, de l’espace Schengen de libre circulation des personnes au sein des Etats membres de l’Union européenne, la matérialité de cette bande de plus de 500 kilomètres, qui s’étend de Menton, sur la côte méditerranéenne, au Mont-Blanc, s’était estompée. Mais l’augmentation des flux de migrants transitant depuis le sud vers l’ouest de l’Europe a conduit la France à y rétablir, à partir de 2015, des contrôles policiers. La présence accrue des forces de l’ordre dans les Alpes-Maritimes a poussé les candidats à l’exil à trouver d’autres routes. Depuis fin 2016, ils empruntent les chemins les plus discrets des Hautes-Alpes.

C’est là, dans le décor montagneux du col de Montgenèvre, qui relie Césane, en Italie, à Briançon, que l’artiste franco-maltaise Florence Cuschieri, née en 1993, a observé « la ronde des hirondelles », du nom du travail qu’elle a réalisé lors de séjours dans le Briançonnais, entre 2021 et 2023. Elle a en particulier saisi l’« errance » de sept hommes « exilés », originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Un choix qui s’est fait « sur des liens d’amitié et de confiance », explique-t-elle.

Contrairement aux milliers de personnes migrantes qui passent chaque année par le col de Montgenèvre pour rejoindre une ville ou quelqu’un en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, eux n’avaient pas de destination précise ni de proches à retrouver. Ils sont demeurés là. « Mon projet ne porte pas sur le passage, mais sur ceux qui, plus singulièrement, choisissent de rester sur le territoire et s’approprient Briançon comme une sorte de terre d’accueil, explique la photographe. La montagne est généralement un endroit qu’on traverse. L’errance dans ce territoire m’intéressait. »

« Des personnes qui déambulent, sans savoir où aller »

Accueillis dans un squat situé sur les hauteurs de Briançon, les exilés qu’elle a photographiés composent avec leur condition précaire et font de la marche en montagne une échappatoire quotidienne. « Le fait qu’ils en soient réduits à tourner en rond m’a rappelé les mouvements des hirondelles qui passent la journée dans la nature et rentrent le soir. » Une image s’attarde notamment sur un détail : une main saisissant un morceau de glace translucide. « Par sa forme, [ce morceau de glace] ressemble à une aile, mais à une aile lourde. Elle exprime la lourdeur du passé et le fait que ces hommes ne sont plus libres de continuer leur chemin. »

Il vous reste 43.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

chantiers-benevoles-al.com est une plateforme d’information qui regroupe des nouvelles publiées sur le web dont le thème central est « Chantiers de bénévoles – Alpes ». chantiers-benevoles-al.com vous a préparé cet article qui traite du sujet « Chantiers de bénévoles – Alpes ». Ce texte a été reproduit de la façon la plus honnête que possible. Vous avez la possibilité d’utiliser les coordonnées présentées sur notre site web dans l’objectif d’indiquer des précisions sur cet article traitant du thème « Chantiers de bénévoles – Alpes ». Restez connecté sur notre site chantiers-benevoles-al.com et nos réseaux sociaux dans le but d’être renseigné des futures annonces.